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Fiche pratique · Saisie immobilière

Saisie immobilière : vendre soi-même son bien (vente amiable)

En bref

Même saisi, votre bien peut être vendu par vous, au prix du marché, si le juge de l'exécution l'autorise. La demande se fait au plus tard à l'audience d'orientation, au besoin oralement et sans avocat. Le juge fixe un prix minimum et une audience de rappel dans quatre mois au plus ; trois mois de plus ne sont possibles que si un acquéreur s'est engagé par écrit. Le prix est consigné à la Caisse des dépôts ; les frais de poursuite taxés par le juge sont payés par l'acquéreur, en plus du prix. Sans vente, le juge ordonne la vente aux enchères.

Maître Yann Gré en robe à son bureau, devant les ouvrages Procédure civile, Saisie immobilière et Vente amiable, une maquette de maison et des clés près du dossier

Un bien saisi peut encore être vendu par son propriétaire

Le commandement de payer valant saisie rend l'immeuble indisponible : vous ne pouvez plus le vendre ni l'hypothéquer librement, sous réserve de la vente amiable prévue par la loi (CPCE, art. L. 321-2). La loi pose en effet une alternative dès la première phrase de l'article L. 322-1 : « Les biens sont vendus soit à l'amiable sur autorisation judiciaire, soit par adjudication » (art. L. 322-1). Le commandement lui-même doit vous rappeler que vous pouvez rechercher un acquéreur ou donner mandat à cet effet, la vente ne pouvant être conclue qu'après l'autorisation du juge de l'exécution (art. R. 321-3, 8°).

Vendre vous-même, c'est choisir votre acquéreur, négocier au prix du marché et garder la maîtrise de la date de votre départ ; les frais de poursuite taxés par le juge sont réglés par l'acquéreur, en sus du prix (art. R. 322-24). Aux enchères, le point de départ est une mise à prix fixée par le créancier et, à défaut d'enchère, c'est lui qui est déclaré adjudicataire à ce montant ; vous pouvez seulement demander au juge de relever une mise à prix manifestement insuffisante (art. L. 322-6).

Ce que la vente amiable n'est pas

  • Une vente libre. Elle se déroule sous le contrôle du juge, qui fixe un prix minimum et un calendrier, et le prix ne vous est pas versé : il est consigné à la Caisse des dépôts puis distribué aux créanciers (art. R. 322-23).
  • Une vente qui se passe du juge. Un acte conclu hors de ce cadre est inopposable au créancier poursuivant comme à celui qui achètera le bien dans le cadre de la saisie, sauf consignation à la Caisse des dépôts d'une somme suffisante pour régler, en principal, intérêts et frais, les créanciers inscrits et le poursuivant (art. L. 321-5).
  • Une suspension sans fin. Si la vente n'est pas conclue dans le délai fixé, le juge ordonne la vente forcée (art. R. 322-25).

Vente amiable ou vente aux enchères

Les deux issues de la saisie immobilière, point par point, d'après le code des procédures civiles d'exécution (CPCE).

Vente amiable sur autorisation judiciaire et vente par adjudicationRègles en vigueur au 17 octobre 2026 ; articles du CPCE.
QuestionVente amiableVente aux enchères
Qui trouve l'acheteur ?Vous, seul ou avec l'agent immobilier ou le notaire de votre choixPersonne : le bien est mis aux enchères publiques à l'audience du juge (L. 322-5)
Qui fixe le prix ?Le marché, au-dessus d'un prix minimum fixé par le juge (R. 322-21)Les enchères, à partir d'une mise à prix fixée par le créancier ; sans enchère, le créancier devient adjudicataire à ce montant (L. 322-6)
Nature de la venteEffets d'une vente volontaire, sans rescision pour lésion (L. 322-3)Vente forcée ; le saisi doit la délivrance et la garantie d'éviction (L. 322-10)
Les frais de poursuiteLes frais de poursuite taxés par le juge sont payés par l'acquéreur, en sus du prix (R. 322-24)L'adjudicataire paie les frais de la vente (L. 322-9)
Le prixConsigné à la Caisse des dépôts avant l'acte notarié (L. 322-4 ; R. 322-23)Versé sur un compte séquestre ou consigné (L. 322-9)
Après la venteVous partez à la date convenue avec l'acquéreurLe jugement d'adjudication vaut titre d'expulsion (L. 322-13)
RecoursLe jugement qui constate la vente n'est pas susceptible d'appel (R. 322-25)Appel seulement contre le jugement d'adjudication qui statue sur une contestation, et de ce chef (R. 322-60) ; surenchère du dixième ouverte à toute personne (R. 322-50)

Du commandement à l'acte de vente

La fenêtre est courte : elle s'ouvre avec le commandement et se ferme, pour la vente amiable, à l'audience d'orientation.

  1. Le commandementSignifié par commissaire de justice puis publié au fichier immobilier, il vous informe de la possibilité de vendre à l'amiable (R. 321-3, 8°). C'est le moment de faire estimer le bien et de confier un mandat.
  2. L'assignationDélivrée dans les deux mois de la publication, entre un et trois mois avant l'audience d'orientation (R. 322-4). Elle rappelle que vous pouvez demander à vendre à l'amiable (R. 322-5, 6°).
  3. L'audience d'orientationDernier moment pour demander la vente amiable, au besoin oralement (R. 322-17). Le juge autorise la vente, fixe le prix minimum et la date de rappel (R. 322-21).
  4. Le rappelDans quatre mois au plus : le juge constate la vente si l'acte est conforme et le prix consigné, accorde au plus trois mois de plus sur engagement écrit d'acquisition, ou ordonne la vente forcée (R. 322-21 ; R. 322-25).

Calculer vos échéances

Outil d'orientation

La date de rappel figure dans le jugement : si vous la connaissez, saisissez-la, elle prime sur le calcul.

Obtenir l'autorisation du juge de l'exécution

Quand ? Au plus tard à l'audience d'orientation, où le juge détermine les modalités de la suite de la procédure, « en autorisant la vente amiable à la demande du débiteur ou en ordonnant la vente forcée » (R. 322-15). Après cette audience, aucune contestation ni demande incidente n'est plus recevable, sauf si elle porte sur un acte de procédure postérieur (R. 311-5). Mais rien n'oblige à attendre : la demande peut être présentée et jugée avant même l'assignation, à condition de mettre en cause les créanciers inscrits ; la décision qui l'accueille suspend alors la procédure, à l'exception du délai imparti aux créanciers inscrits pour déclarer leur créance (R. 322-20). La Cour de cassation l'a confirmé : « le débiteur demeure recevable, dans les cas prévus par la loi, à saisir le juge de l'exécution de demandes, telle la vente amiable de l'immeuble saisi, avant la signification de l'assignation » (Cass. 2e civ., 21 nov. 2024, n° 22-12.499, FS-B).

Comment ? La demande et les actes consécutifs à la vente sont dispensés du ministère d'avocat, et la demande peut être formulée verbalement à l'audience d'orientation (R. 322-17). Mais il faut être là : si vous n'êtes ni présent ni représenté par un avocat, la procédure est poursuivie en vente forcée, sur les seules indications du créancier (R. 322-5, 3°). Et toute contestation (prescription, montant de la dette, nullité) doit être déposée par conclusions d'avocat au plus tard à l'audience (R. 311-6 ; R. 322-5, 7°).

À quelles conditions ? Le juge « s'assure qu'elle peut être conclue dans des conditions satisfaisantes compte tenu de la situation du bien, des conditions économiques du marché et des diligences éventuelles du débiteur » (R. 322-15). Vos démarches comptent : sans estimation, mandat ni offre, le juge n'a rien pour s'en assurer. Le juge ne peut pas refuser la vente amiable au motif que les parties ne se sont pas expliquées sur le prix minimum : « il incombe au juge qui autorise la vente amiable » de le fixer lui-même (Cass. 1re civ., 1er mars 2017, n° 16-10.142).

La banque ne répond pas ? N'attendez pas

Le créancier poursuivant n'engage pas sa responsabilité, sauf abus de saisie, pour avoir tardé à répondre, avant le jugement d'orientation, à une sollicitation du débiteur qui voulait vendre amiablement : la Cour de cassation a rappelé que le débiteur peut lui-même saisir le juge, y compris avant l'assignation (Cass. 2e civ., 3 févr. 2022, n° 20-20.355, F-B). L'accord de la banque n'est pas une condition de la vente amiable ; l'autorisation du juge, si.

Les règles du jeu, une fois l'autorisation obtenue

Le prix plancher. Le juge fixe « le montant du prix en deçà duquel l'immeuble ne peut être vendu eu égard aux conditions économiques du marché » et, le cas échéant, les conditions particulières de la vente ; à la demande du poursuivant, il taxe ses frais de poursuite (R. 322-21). Une offre inférieure au plancher ne permettra pas au juge de constater la vente.

Vos obligations. Vous accomplissez les diligences nécessaires et vous rendez compte au créancier poursuivant, sur sa demande, des démarches accomplies. Le créancier peut, à tout moment, vous assigner pour faire constater votre carence et obtenir du juge la reprise de la procédure en vente forcée (R. 322-22). Gardez la trace de chaque visite, offre et échange.

Le notaire. Il peut obtenir du créancier poursuivant, contre récépissé, les documents réunis pour le cahier des conditions de vente (R. 322-24). L'acte notarié n'est établi que sur consignation du prix à la Caisse des dépôts et justification du paiement des frais de la vente et des frais taxés (L. 322-4). La règle est impérative : les parties à l'acte ne peuvent pas mettre les frais taxés à la charge du vendeur, et seuls ces frais, taxés par le juge, sont dus par l'acquéreur au titre des poursuites (Cass. 2e civ., 22 juin 2017, n° 16-12.882, publié au Bulletin).

L'argent. Le prix « ainsi que toute somme acquittée par l'acquéreur à quelque titre que ce soit » sont consignés et distribués aux créanciers, le solde éventuel vous revenant (R. 322-23). En pratique, c'est l'étude notariale qui consigne (Caisse des dépôts).

L'agent immobilier. « Toutes les sommes versées par l'acquéreur, à l'exception des frais de la vente et des frais taxés, doivent être consignées et figurer au projet de distribution », règle d'ordre public : dans cette affaire, le juge avait refusé d'homologuer un projet de distribution qui prélevait sur le prix une commission d'agence (Cass. 2e civ., 27 mars 2025, n° 22-20.194, F-B). La commission de l'agent ne peut donc pas être prélevée sur le prix. Vérifiez si le prix minimum fixé par le juge s'entend net vendeur, prévoyez dès le mandat et le compromis qui paie la commission, faites valider ce montage par le notaire et, au besoin, demandez au juge de le préciser dans les conditions particulières de la vente (R. 322-21).

Maquette d'immeuble posée sur un projet d'acte de vente, sur un bureau d'avocat, entre les codes Procédure civile et Voies d'exécution, un sablier et un calendrier
Quatre mois au plus entre l'autorisation et le rappel : c'est souvent le calendrier, plus que le prix, qui fait échouer une vente amiable.
Les effets d'une vente volontaire, mais une vente d'autorité de justice

La vente amiable autorisée produit les effets d'une vente volontaire et ne peut être rescindée pour lésion (L. 322-3). Elle reste toutefois une vente faite d'autorité de justice : le locataire commercial ne peut pas invoquer son droit de préférence sur le local vendu (Cass. 3e civ., 13 juin 2024, n° 23-13.728, F-D).

Bien en indivision

Un seul indivisaire peut demander l'autorisation de vente amiable, mais l'acte doit être signé de tous. Le juge de l'exécution « n'est pas juge du fonctionnement de l'indivision » : il ne peut pas autoriser un indivisaire à vendre seul (Cass. 2e civ., avis, 16 juill. 2021, n° 21-70.008, publié). Obtenez l'accord du coïndivisaire avant l'audience.

Trois issues possibles, et un seul délai supplémentaire

À l'audience de rappel, le juge vérifie que l'acte de vente est conforme aux conditions qu'il a fixées et que le prix a été consigné (R. 322-25).

Acte signé, prix consigné

La vente est constatée

Le juge constate la vente et ordonne la radiation des hypothèques prises de votre chef. Ce jugement n'est pas susceptible d'appel (R. 322-25).

Compromis signé

Trois mois de plus, au plus

Le juge ne peut accorder un délai supplémentaire que si vous justifiez d'un engagement écrit d'acquisition, et seulement pour permettre la rédaction et la signature de l'acte authentique (R. 322-21).

Pas de vente constatée

La vente forcée

Le juge ordonne la vente forcée et fixe l'adjudication dans un délai de deux à quatre mois ; cette décision n'est pas susceptible d'appel, sauf sur les points où elle tranche une contestation (R. 322-25 ; R. 322-22).

Ce que juge la Cour de cassation

Préparer l'échec dès l'orientation : la mise à prix

Le prix minimum de la vente amiable ne fixe pas la mise à prix. Après l'échec d'une vente amiable autorisée à 140 000 euros au moins, un bien a été adjugé 66 000 euros sur une mise à prix de 12 000 euros, et la Cour de cassation n'y a vu aucun excès de pouvoir : le pourvoi a été déclaré irrecevable (Cass. 2e civ., 16 nov. 2017, n° 16-21.631).

En revanche, lorsque le juge a lui-même fixé la mise à prix, à la demande du débiteur, en raison de son insuffisance manifeste (L. 322-6), il ne peut pas adjuger le bien sur une mise à prix inférieure (Cass. 2e civ., 13 juin 2024, n° 22-10.790, F-B), sauf, faute d'enchère, la remise en vente sur baisses successives, au besoin jusqu'à la mise à prix initiale (R. 322-47). L'assignation doit vous indiquer la mise à prix et la possibilité de la contester (R. 322-5, 5°) : si elle est dérisoire, demandez sa révision par conclusions d'avocat, à l'audience d'orientation, en même temps que la vente amiable.

Trop tard pour la vente amiable ? La vente de gré à gré

Même lorsque la vente forcée a été ordonnée, le bien peut encore être vendu de gré à gré « après l'orientation en vente forcée et jusqu'à l'ouverture des enchères », en cas d'accord entre le débiteur, le créancier poursuivant, les créanciers inscrits à la date de publication du commandement, ceux inscrits avant la publication du titre de vente qui sont intervenus dans la procédure et, en copropriété, le syndicat des copropriétaires titulaire de l'hypothèque légale spéciale (L. 322-1 ; C. civ., art. 2402, 3°).

La loi ne fixe pas la forme de cet accord : il se négocie, créancier par créancier, sur la base d'une offre ferme et d'un prix qu'ils jugent acceptable. C'est une voie étroite, mais réelle, lorsque l'acquéreur se présente trop tard.

Et si vous avez saisi la Banque de France ?

La recevabilité du dossier de surendettement emporte suspension et interdiction des procédures d'exécution (C. consom., art. L. 722-2), pour deux ans au plus (art. L. 722-3). Mais lorsque la vente forcée a déjà été ordonnée, le report de l'adjudication ne peut résulter que d'une décision du juge de la saisie, saisi par la commission, « pour causes graves et dûment justifiées » (C. consom., art. L. 721-7 et L. 722-4). En dehors de ce cas, la vente forcée ne peut être reportée que pour force majeure (CPCE, art. R. 322-28).

Pendant la suspension, la vente du bien, comme tout acte de disposition étranger à la gestion normale du patrimoine, suppose l'autorisation du juge des contentieux de la protection (C. consom., art. L. 722-5) ; à défaut, le débiteur s'expose à être déchu du bénéfice de la procédure (art. L. 761-1, 3°).

Déposer un dossier ne remplace donc pas une demande de vente amiable : les deux se préparent ensemble, avant l'audience d'orientation.

Vendre avant les enchères : les bons réflexes

01

Dès le commandement

Faire estimer et mandater

Deux estimations écrites, un mandat de vente, les diagnostics : le juge appréciera vos diligences. Chaque semaine gagnée avant l'audience d'orientation en est une de moins à trouver ensuite.

02

Avant l'audience d'orientation

Trier les contestations

La prescription, le décompte, la régularité du commandement ne pourront plus être discutés après l'audience. Ils exigent des conclusions d'avocat déposées au plus tard ce jour-là.

03

Après le jugement

Signer vite un compromis conforme

Un prix au moins égal au plancher, les frais taxés à la charge de l'acquéreur en sus du prix, un calendrier de financement compatible avec la date de rappel.

04

Avant le rappel

Consigner et justifier

Acte authentique signé, prix consigné, frais réglés : ou, à défaut, un engagement écrit d'acquisition à produire pour obtenir le délai supplémentaire.

Exemple illustratif

Le trois-pièces de Vitry-sur-Seine

Un couple reçoit en janvier un commandement de payer valant saisie. Il fait estimer son appartement par deux agences et signe un mandat. À l'audience d'orientation du 2 juin, il demande la vente amiable ; le juge l'autorise au prix minimum de 230 000 euros, taxe les frais de poursuite et fixe l'audience de rappel au 29 septembre.

Un compromis est signé le 10 août à 241 000 euros, mais le prêt de l'acquéreur n'est accordé que début septembre : l'acte ne peut être signé à temps. Sur production du compromis, le juge accorde un délai supplémentaire, qui ne pouvait excéder trois mois. L'acte est signé en novembre, le prix consigné, les frais taxés payés par l'acquéreur : à l'audience suivante, le juge constate la vente et ordonne la radiation des hypothèques.

Maître Yann Gré à son bureau ; au mur, un tableau : économiser les frais, garder le contrôle, vendre en toute sérénité

Tenir le calendrier, du commandement au rappel

  • Vérifier la procédure : commandement, publication, délais d'assignation, décompte, prescription.
  • Présenter la demande avec un dossier de valeur et de diligences, au besoin avant l'assignation.
  • Discuter le prix minimum et les frais de poursuite soumis à la taxe du juge.
  • Coordonner le notaire, la consignation et le paiement des frais avant l'audience de rappel.
  • Négocier la sortie : délai supplémentaire, gré à gré avec les créanciers, articulation avec le surendettement.

Vente amiable : vos questions

La banque doit-elle être d'accord pour que je vende à l'amiable ?

Non. C'est le juge de l'exécution qui autorise la vente amiable, à votre demande, s'il estime qu'elle peut être conclue dans des conditions satisfaisantes. Le créancier peut s'y opposer et le juge apprécie. L'accord de tous les créanciers n'est requis que pour la vente de gré à gré, une fois la vente forcée ordonnée.

Ai-je besoin d'un avocat pour demander la vente amiable ?

La demande est dispensée du ministère d'avocat et peut être faite oralement à l'audience d'orientation, à condition d'y être présent. En revanche, toute contestation de la saisie (prescription, montant, nullité, mise à prix) doit être présentée par conclusions d'avocat au plus tard à cette audience. Après, il est trop tard. Si vos ressources sont inférieures aux plafonds légaux, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle pour la procédure de saisie, à condition d'en faire la demande au préalable ; l'assignation doit vous le rappeler.

Jusqu'à quand puis-je demander à vendre moi-même ?

Dès le commandement, et au plus tard à l'audience d'orientation. La demande peut même être jugée avant l'assignation. Une fois la vente forcée ordonnée, il reste seulement la vente de gré à gré, jusqu'à l'ouverture des enchères, avec l'accord du débiteur, du poursuivant, des créanciers inscrits et, le cas échéant, du syndicat des copropriétaires.

Je n'ai pas trouvé d'acheteur dans les quatre mois : que se passe-t-il ?

À l'audience de rappel, le juge ne peut vous accorder un délai supplémentaire, de trois mois au plus, que si vous produisez un engagement écrit d'acquisition, et seulement pour signer l'acte authentique. À défaut, il ordonne la vente forcée, avec une adjudication dans les deux à quatre mois. Cette décision n'est pas susceptible d'appel, sauf si elle tranche aussi une contestation.

Puis-je vendre en dessous du prix fixé par le juge ?

Non. Le juge fixe le prix en deçà duquel le bien ne peut pas être vendu, et vérifie à l'audience de rappel que l'acte respecte les conditions qu'il a fixées. Une vente à un prix inférieur ne peut pas être constatée.

Qui paie les frais de la saisie ?

Les frais de poursuite du créancier, taxés par le juge, sont versés directement par l'acquéreur, en sus du prix. Le notaire ne peut signer l'acte qu'une fois justifié le paiement des frais de la vente et des frais taxés. Le compromis doit donc le prévoir.

Est-ce que je toucherai l'argent de la vente ?

Pas directement. Le prix, et toute somme payée par l'acquéreur, sont consignés à la Caisse des dépôts et consignations, puis distribués aux créanciers. S'il reste un solde, il vous est versé à l'issue de la distribution. À l'inverse, si le prix ne suffit pas à payer toutes les dettes, le reste demeure dû : la vente n'efface pas la dette (C. civ., art. 2284).

Puis-je rester dans mon logement pendant la vente amiable ?

Oui, en principe. Sauf si le bien est loué, vous en êtes le séquestre jusqu'à la vente (CPCE, art. L. 321-2), à moins que les circonstances ne justifient la désignation d'un tiers ou votre expulsion pour cause grave. La date de votre départ se négocie avec l'acquéreur. Aux enchères, au contraire, le jugement d'adjudication vaut titre d'expulsion.

Le bien appartient aussi à mon ex-conjoint : comment faire ?

Vous pouvez demander seul l'autorisation de vente amiable, mais l'acte de vente doit être signé par tous les indivisaires, et le juge de l'exécution ne peut pas vous autoriser à vendre seul. Obtenez son accord écrit avant l'audience, ou saisissez à temps le juge compétent pour l'indivision.

J'ai déposé un dossier de surendettement : la vente amiable est-elle suspendue ?

Oui, en principe. La recevabilité du dossier suspend les procédures d'exécution, saisie immobilière comprise, jusqu'à l'adoption des mesures de traitement et pour deux ans au plus. Pendant ce temps, vous ne pouvez pas vendre votre bien sans l'autorisation du juge des contentieux de la protection : une vente conclue sans l'accord des créanciers, de la commission ou du juge peut vous faire perdre le bénéfice de la procédure de surendettement. Si la vente forcée a déjà été ordonnée, seule la commission peut demander au juge de la saisie de reporter l'adjudication, pour causes graves et dûment justifiées. Vente amiable et surendettement se préparent donc ensemble, avec votre avocat, avant l'audience d'orientation.

Le juge a refusé la vente amiable : puis-je faire appel ?

Oui. Le jugement d'orientation est susceptible d'appel dans les quinze jours de sa notification, selon la procédure à jour fixe, devant la cour d'appel, avec un avocat. Si le juge vous a accordé la vente amiable mais a rejeté vos autres demandes, vous conservez un intérêt à faire appel de ce rejet (Cass. 2e civ., 11 sept. 2025, n° 23-10.566, F-D). En revanche, la décision qui ordonne la reprise de la vente forcée après l'échec de la vente amiable n'est pas susceptible d'appel, sauf sur les points où elle tranche une contestation.

Textes et décisions cités dans cette fiche

Chaque texte et chaque décision cités ont été contrôlés sur Légifrance, dans leur version en vigueur au 17 octobre 2026 ; les informations pratiques ont été lues sur les sites officiels cités. Les liens ouvrent la source.

✓ Textes vérifiés sur Légifrance le 17 octobre 2026
Portrait de Maître Yann Gré

Maître Yann Gré

Avocat au Barreau du Val-de-Marne · Créteil

Avocat depuis 2000, Maître Yann Gré a exercé des fonctions ordinales, notamment comme trésorier de l'Ordre et administrateur de la CARPA de l'Est francilien. Il intervient principalement en droit bancaire, en voies d'exécution, en saisie immobilière et en copropriété, devant les juridictions du Val-de-Marne, de Paris et d'Île-de-France.

Fiche rédigée et mise à jour le 17 octobre 2026. Elle donne une information générale et ne remplace pas l'analyse de votre dossier.

Votre bien est saisi : vous voulez le vendre vous-même ?

Maître Yann Gré intervient principalement en droit bancaire et en voies d'exécution, devant les juges de l'exécution du Val-de-Marne, de Paris et d'Île-de-France, aux côtés des débiteurs saisis qui veulent vendre leur bien dans les meilleures conditions.

Préparez votre premier échange

Réunissez le commandement de payer valant saisie, l'assignation et la date de l'audience d'orientation, le jugement s'il a été rendu, votre titre de propriété, les estimations et le mandat de vente, toute offre ou compromis, les décomptes des créanciers et, en copropriété, le dernier relevé de charges.