Vous avez reçu un commandement de payer valant saisie ou une assignation à l'audience d'orientation ? Rien n'est joué. La procédure de saisie immobilière est l'une des plus formalistes du droit français : nullités, prescription, déchéance du terme irrégulière, disproportion, vente amiable. Maître Yann Gré défend les débiteurs saisis devant les juges de l'exécution dans toute la France.
Article L. 111-7 du Code des procédures civiles d'exécution
« L'exécution de ces mesures ne peut excéder ce qui se révèle nécessaire pour obtenir le paiement de l'obligation. »
Article L. 111-7 du Code des procédures civiles d'exécution
La saisie immobilière permet à un créancier muni d'un titre exécutoire de faire vendre l'immeuble de son débiteur pour se payer sur le prix. Mais cette procédure, régie par le livre III du Code des procédures civiles d'exécution, est enserrée dans un formalisme rigoureux : contenu du commandement, publication au fichier immobilier, délais d'assignation, décompte de la créance. Chaque irrégularité peut être exploitée au profit du débiteur, et le juge de l'exécution a le pouvoir d'annuler les poursuites, d'en prononcer la mainlevée ou d'aménager leur issue.
Le point décisif est le calendrier : sauf exceptions, toutes les contestations doivent être élevées au plus tard à l'audience d'orientation, à peine d'irrecevabilité prononcée d'office (art. R. 311-5 du même code). Attendre, c'est renoncer à ses moyens de défense. La consultation d'un avocat dès la réception du commandement, et non la veille de l'audience, change concrètement l'issue du dossier.
Avocat depuis 2000, Maître Yann Gré consacre une part dominante de son activité au contentieux des saisies immobilières et des voies d'exécution, exclusivement du côté des débiteurs saisis. Sa pratique combine le droit de l'exécution et le droit bancaire : contestation de la déchéance du terme, clauses abusives, prescription, qualité à agir des fonds de titrisation. Il intervient devant les juges de l'exécution de toute la France, au besoin en visioconférence et avec le concours d'un confrère postulant local.
Comprendre le calendrier
À chaque étape correspondent des délais stricts, pour le créancier comme pour le débiteur. Les connaître, c'est savoir où frapper.
Signifié par commissaire de justice, il ouvre la procédure et rend l'immeuble indisponible. Le créancier doit le publier au service de la publicité foncière, puis poursuivre la procédure avec diligence : le commandement cesse de plein droit de produire effet si, dans les cinq ans de sa publication, aucun jugement constatant la vente n'a été mentionné en marge (art. R. 321-20 CPCE). Ses mentions obligatoires sont une source classique de nullités.
Dans les deux mois de la publication du commandement, le créancier assigne le débiteur à comparaître devant le juge de l'exécution ; l'assignation est délivrée entre un et trois mois avant l'audience (art. R. 322-4 CPCE). Cette fenêtre est le moment stratégique du dossier : c'est là que se préparent les contestations, la demande de vente amiable ou la recherche d'une issue négociée avec le créancier poursuivant.
Le juge de l'exécution y vérifie que les conditions de la saisie sont réunies, statue sur les contestations et demandes incidentes, puis oriente la procédure vers la vente amiable ou la vente forcée (art. R. 322-15 CPCE). Sauf exceptions, aucune contestation ne peut plus être formée après cette audience, à peine d'irrecevabilité prononcée d'office (art. R. 311-5 CPCE). Tout se joue, pour l'essentiel, à ce stade.
Si la vente amiable est autorisée, le juge fixe un prix plancher et rappelle l'affaire dans un délai maximal de quatre mois, prorogeable de trois mois en cas d'engagement écrit d'acquisition (art. R. 322-21 CPCE) : le débiteur vend lui-même, à de meilleures conditions que les enchères. À défaut, l'immeuble est vendu par adjudication. Même à ce stade, les actes postérieurs à l'audience d'orientation restent contestables dans les quinze jours de leur notification.
L'arsenal du débiteur saisi
Chaque dossier est passé au crible de l'ensemble de ces moyens, du plus formel au plus substantiel.
Mentions obligatoires du commandement, régularité des significations, respect des délais de publication et d'assignation, contenu du cahier des conditions de vente : le formalisme de la saisie immobilière protège le débiteur. Une irrégularité qui lui fait grief peut entraîner la nullité de l'acte, voire la caducité du commandement et l'anéantissement des poursuites.
Le créancier doit poursuivre en vertu d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible. Le décompte est vérifié ligne à ligne : intérêts, pénalités, indemnités contractuelles, imputation des règlements. La prescription de la créance, fréquemment acquise lorsque le créancier a tardé, constitue un moyen radical qui met fin aux poursuites.
La saisie repose presque toujours sur la déchéance du terme du prêt. Or la Cour de cassation impose au juge d'écarter les clauses abusives, y compris d'office : une clause permettant de prononcer la déchéance sans mise en demeure préalable régulière peut être privée d'effet (Cass. 1re civ., 22 mars 2023, n° 21-16.476). Sans déchéance du terme valable, la créance n'est pas exigible et la saisie s'effondre.
Lorsque la créance a été cédée, notamment à un fonds commun de titrisation, le poursuivant doit prouver qu'il est bien titulaire de la créance : production du bordereau de cession, identification précise de la créance cédée, régularité de la chaîne des cessions. La jurisprudence sanctionne les fonds qui ne produisent que des extraits incomplets. C'est un axe de défense que le cabinet pratique de manière habituelle.
Saisir une maison pour une dette résiduelle modeste peut constituer une mesure abusive. La Cour de cassation impose désormais au juge un contrôle complet de proportionnalité : il doit examiner la situation du débiteur et vérifier si le créancier disposait d'autres voies de recouvrement moins intrusives (Cass. 2e civ., 21 mai 2026, n° 23-10.643). Un moyen en plein essor, directement issu de la jurisprudence européenne.
Contester ne suffit pas toujours ; il faut aussi construire une sortie. Vente amiable sur autorisation judiciaire pour préserver le patrimoine, délais de grâce, protocole avec le créancier, articulation avec une procédure de surendettement : le cabinet négocie autant qu'il plaide, avec un objectif constant : que le bien ne soit pas bradé aux enchères.
Jurisprudence récente
Deux décisions majeures illustrent le renforcement continu des moyens de défense contre les saisies immobilières.
La deuxième chambre civile juge que le juge de l'exécution ne peut se borner à comparer le montant de la créance et la valeur du bien saisi : il doit prendre en compte l'ensemble de la situation du débiteur et rechercher si le créancier disposait d'autres possibilités de recouvrement plus appropriées et moins intrusives, afin de ménager un juste équilibre entre les intérêts en jeu. Lire l'arrêt sur Légifrance.
La première chambre civile censure une cour d'appel qui avait fait application d'une clause de déchéance du terme sans rechercher son caractère abusif. Le juge doit examiner, au besoin d'office, les clauses du contrat de prêt : une déchéance du terme irrégulièrement acquise prive la créance d'exigibilité et fait obstacle à la saisie. Lire l'arrêt sur Légifrance.
Questions fréquentes
Champ d'intervention
Interventions quotidiennes en Île-de-France
Avec le concours d'un postulant local si nécessaire
Premier rendez-vous et suivi du dossier à distance
Recours contre les jugements d'orientation
Pour aller plus loin
Commentaire de l'arrêt du 21 mai 2026 : ce que change le nouveau contrôle de proportionnalité pour les débiteurs saisis. Lire l'analyse.
Quand le poursuivant n'est plus le prêteur d'origine : le contrôle de la qualité à agir devant le JEX. Lire l'analyse. Voir aussi notre page Fonds commun de titrisation et cession de créance.
Votre compte bancaire est bloqué en parallèle de la saisie de votre bien ? Le délai de contestation n'est que d'un mois. Consulter la fiche.
La procédure de surendettement peut, dans certains cas, suspendre les poursuites et offrir une respiration. Consulter la fiche.
Page mise à jour en juillet 2026. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation : chaque procédure de saisie appelle une analyse individuelle.
Prendre contact
Vous avez reçu un commandement de payer valant saisie ou une assignation devant le juge de l'exécution ? N'attendez pas l'audience d'orientation : c'est avant qu'elle se prépare.
Pour une première analyse rapide de votre dossier, réunissez si possible : le commandement de payer valant saisie, l'assignation si vous l'avez reçue, l'offre de prêt et le tableau d'amortissement, les mises en demeure et courriers de la banque ou du fonds de titrisation, ainsi que le décompte de la créance. Ces pièces permettent d'identifier immédiatement les moyens de contestation mobilisables et le calendrier à respecter.