Spoofing bancaire et phishing
Une jurisprudence en pleine évolution
La Cour de cassation a, par un arrêt de principe du 23 octobre 2024, jugé que la victime d'un spoofing (usurpation du numéro de téléphone d'une banque) ne peut se voir reprocher une négligence grave au sens de l'article L.133-16 du Code monétaire et financier, dès lors que la confusion créée était indétectable par un client normalement prudent. L'arrêt du 12 juin 2025 a confirmé cette solution.
Par un arrêt du 4 mars 2026, la chambre commerciale a opéré une inflexion notable : la victime ayant elle-même validé l'opération frauduleuse peut se voir reprocher une négligence grave si elle était en mesure de suspecter le caractère frauduleux des opérations. Documenter avec précision la mise en scène technique de la fraude (affichage du numéro, chronologie, contenu exact des instructions) devient déterminant.
Le tribunal judiciaire de Créteil, par jugement du 13 mars 2026, a condamné une banque à indemniser une victime de spoofing en tenant compte de son âge, de sa vulnérabilité particulière et du caractère alors peu connu de cette fraude. Cette décision illustre l'importance d'une argumentation circonstanciée intégrant le profil de la victime et le contexte technique de l'opération.